| 1 | PRÉSENTATION |
Platini, Michel (1955- ), joueur de football français, l’un des meilleurs meneurs de jeu européens des années 1980 et l’une des figures majeures de l’histoire de ce sport.
| 2 | LA CARRIÈRE EN CLUB : L’AVÈNEMENT D’UN JOUEUR HORS NORMES |
| 2.1 | Les premières armes à l’AS Nancy-Lorraine |
Né à Jœuf (Meurthe-et-Moselle) de parents italiens, Michel Platini montre très jeune des aptitudes exceptionnelles à la pratique du football. Élève du centre de formation de l’AS Jœuf pendant plusieurs années, il intègre l’équipe première en 1971. Il dispute son premier match du Championnat de France de première division (D1) au sein de l’équipe de l’AS Nancy-Lorraine en mai 1973. Le club descend toutefois en deuxième division (D2) dès l’année suivante, pour rapidement réintégrer « l’élite » du football français à la suite d’un titre de champion de France de D2 en 1975, premier trophée remporté par Michel Platini.
Élément-clé de la formation nancéenne, Michel Platini progresse rapidement et s’impose de façon incontestable au plus haut niveau : auteur de 25 buts en championnat lors de la saison 1976-1977, il décroche la Coupe de France en 1978.
| 2.2 | Le renouveau de l’AS Saint-Étienne |
Lorsqu’il est transféré à l’AS Saint-Étienne au début de la saison 1979-1980, Michel Platini est déjà une valeur sûre du football français. Si les « Verts » ont connu leur apogée — notamment au niveau européen — quelques saisons auparavant, le club peine à retrouver son statut de meilleur club de France depuis 1976. L’apport de Michel Platini s’avère rapidement décisif, puisque l’AS Saint-Étienne obtient un nouveau titre national en 1981, accède à deux reprises consécutivement à la finale de la Coupe de France (1981 et 1982) et offre au public de Geoffroy-Guichard quelques « morceaux de bravoure » en coupe d’Europe (notamment contre le PSV Eindhoven, sévèrement battu sur le score de 6 à 0 en 1979). Michel Platini quitte l’AS Saint-Étienne en 1982.
| 2.3 | La consécration internationale à la Juventus de Turin |
Meilleur buteur du championnat français lors de sa dernière saison hexagonale, reconnu pour son exceptionnelle vision du jeu — la « vista », dont Zinedine Zidane notamment, « héritier » de Michel Platini, est l’une des plus frappantes illustrations — et ses qualités techniques, notamment sur coup franc, geste qu’il maîtrise parfaitement, Michel Platini souhaite donner une dimension internationale à sa carrière. Il signe un contrat avec le prestigieux club italien de la Juventus de Turin en 1982. Cinq saisons lui suffisent pour devenir le meilleur joueur d’Europe et accumuler les victoires et les trophées : meilleur buteur du Championnat d’Italie — qu’il s’adjuge en 1984 et 1986 — à trois reprises consécutivement (1983, 1984 et 1985), il remporte également la Coupe d’Italie en 1983, la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1984 et la Coupe d’Europe des clubs champions (future Ligue des champions) en 1985. Élu ballon d’or en 1983, 1984 et 1985, Michel Platini est au faîte de sa gloire.
En 1985, il assiste en tant que joueur au drame du Heysel (stade de football de Bruxelles) survenu à quelques minutes du coup d’envoi de la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions disputée contre Liverpool FC. Deux ans plus tard, il quitte la Juventus de Turin au terme d’une dernière saison décevante et annonce parallèlement la fin de sa carrière professionnelle.
| 3 | MICHEL PLATINI ET L’ÉQUIPE DE FRANCE |
| 3.1 | Le meilleur joueur de l’histoire de la sélection nationale ? |

La carrière de Michel Platini en équipe de France débute en 1976 à l’occasion d’une rencontre à Paris contre la Tchécoslovaquie ; sélectionné par Michel Hidalgo, le milieu de terrain inscrit son premier but sous le maillot tricolore. En 1977, Michel Platini est décisif lors d’une rencontre qualificative pour la Coupe du monde, dont la phase finale se déroule en 1978 en Argentine. Il inscrit son premier but dans cette compétition contre le pays hôte, mais l’équipe de France est éliminée au premier tour. En 1981, la sélection nationale doit sa qualification pour la phase finale de la Coupe du monde à un nouveau — et désormais « légendaire » — coup franc de Michel Platini. Éliminée en demi-finale de la compétition par la République fédérale d’Allemagne à l’issue d’un match « historique » disputé à Séville (Espagne) en 1982, la France a néanmoins atteint son meilleur résultat depuis 1958. Le « quatuor » composé par Michel Platini, Jean Tigana, Luis Fernandez et Alain Giresse constitue alors l’une des meilleures lignes de milieux de terrain au monde.
Le Championnat d’Europe des nations organisé en France en 1984 marque l’apogée de la carrière internationale de Michel Platini : auteur de 9 buts en 5 matchs, il contribue largement à la victoire finale de la sélection française dont il est le capitaine. En 1986, lors de la Coupe du monde au Mexique, il élève encore son niveau de jeu, malgré la chaleur et une blessure récurrente au pied, et l’équipe de France atteint le stade des demi-finales pour la deuxième fois consécutivement.
Meilleur buteur de l’histoire de la sélection nationale (41 réalisations), devant Thierry Henry (39 buts en janvier 2007) et David Trezeguet (34 buts), Michel Platini joue son dernier match sous le maillot tricolore en avril 1987.
| 3.2 | Michel Platini sélectionneur : un bilan mitigé |
Michel Platini est nommé sélectionneur de l’équipe de France en 1989. Absente de l’édition 1990 de la Coupe du monde en Italie, l’équipe nationale enchaîne d’excellents résultats sous sa direction, notamment une série de 19 matchs sans défaite entre avril 1989 et novembre 1991. Les principaux joueurs choisis par Michel Platini se nomment alors Jean-Pierre Papin, Éric Cantona, Didier Deschamps, David Ginola ou encore Frank Sauzée. Si les éliminatoires de l’Euro 1992 sont brillamment menés, la phase finale est un échec pour l’équipe et son sélectionneur, qui démissionne de son poste quelques jours après l’élimination de la France au premier tour de l’épreuve.
| 4 | MICHEL PLATINI, DÉFENSEUR DU FOOTBALL |
Vice-président de l’AS Nancy-Lorraine quelques mois seulement après son dernier match officiel en tant que joueur professionnel, puis sélectionneur de l’équipe de France, Michel Platini a immédiatement mis à profit sa « retraite » pour se consacrer au football et devenir une figure particulièrement médiatique du monde sportif. Commentateur pour la télévision, il porte également la flamme olympique lors des Jeux d’hiver d’Albertville en 1992, et s’affirme comme l’une des personnalités les plus populaires de France.
Michel Platini intègre les institutions du football français dès 1995 ; adepte du « beau jeu », il propose des mesures visant à rendre les matchs de football plus fluides et spectaculaires afin d’en renouveler l’intérêt auprès du public. En 1992, il est nommé coprésident du Comité d’organisation de la Coupe du monde 1998 en France et participe au succès sans précédent de la phase finale.
En octobre 2001, Michel Platini devient vice-président de la Fédération française de football (FFF). Il est également conseiller spécial de Joseph Blatter, président de la Fédération internationale de football (FIFA). Puis, en janvier 2007, il est élu président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), institution notamment en charge de l’Euro et des coupes d’Europe, parmi lesquelles la prestigieuse Ligue des champions.